Вход/Регистрация
L'assassin de lady Beltham (Убийца леди Бельтам)
вернуться

Аллен Марсель

Шрифт:

Et aussit^ot, il d'eclara, apercevant l’inspecteur de la S^uret'e :

— Je vous fais toutes mes excuses. Je vous demande bien pardon d’agir aussi brutalement, mais il fallait que je vous voie `a toute force.

Le policier venait de regarder fixement son interlocuteur :

— Vous ^etes, dit-il, si je ne me trompe, M. Dick, l’acteur du Th'e^atre Ornano, le premier prix du Conservatoire, qui, d'edaignant la Com'edie-Francaise, pr'ef`ere jouer dans les 'etablissements de quartier ?

— Je vous en prie, interrompit l’artiste – car c’'etait lui en effet – ne jugez pas ma carri`ere dramatique, mais 'ecoutez-moi, renseignez-moi :

— De quoi, s’agit-il, fit Juve, qui, d'esignant Fandor du geste de la main, ajouta : vous pouvez me parler, monsieur, monsieur est mon ami, J'er^ome Fandor.

Dick s’inclina, cependant qu’un l'eger sourire ironique errait sur ses l`evres :

— Je connais M. Fandor, murmura-t-il.

Puis, il s’interrompit pour reprendre, en se tournant vers Juve :

— Monsieur, fit-il, en se passant la main sur le front, vous voyez devant vous un homme troubl'e, tr`es troubl'e. Je suis immens'ement 'epris d’une femme.

— Passez, monsieur, je sais, nous savons qu’il s’agit de miss Sarah Gordon, l’Am'ericaine.

— Comment le savez-vous ?

— Je le sais, parce que je le sais, r'epliqua Juve, et l’essentiel, c’est, n’est-ce pas, que je le sache. En quoi cela peut-il, d’ailleurs, nous int'eresser ?

— Ah, monsieur, ne raillez pas ma douleur… Sarah a disparu, subrepticement, depuis hier. Mes efforts pour la retrouver ont 'et'e vains. Je viens m’adresser `a vous, monsieur, car je vous sais le plus subtil, le plus adroit des policiers.

Juve se leva :

— J’ai horreur des compliments, monsieur, et je vous remercie, par avance, de tout ce que vous comptiez me dire. J’avais d’ailleurs pr'evu votre visite, je vous attendais.

— Ah vraiment, pourquoi ?

— Parce que, r'epliqua Juve, 'etant donn'e que vous cherchiez miss Sarah Gordon, il 'etait naturel que, ne l’ayant pas d'ecouverte, vous veniez demander o`u elle se trouvait `a la seule personne qui soit capable de vous renseigner.

— Et cette personne, monsieur ? interrogea Dick.

— Cette personne, c’est moi. J’ajoute que vous n’avez rien `a craindre pour miss Sarah Gordon, et que…

Juve s’interrompit encore. Jean venait d’entrer dans la pi`ece, contrairement `a ses habitudes, car jamais il ne d'erangeait son patron. Il d'eclara d’une voix myst'erieuse :

— Il y a encore un monsieur, qui attend dans l’antichambre et qui veut `a toute force vous parler. Je lui ai r'epondu, comme d’ordinaire `a tous ceux qui viennent de la sorte, que vous n’'etiez pas l`a, que vous ne receviez jamais, mais il a insist'e de telle facon, et cet homme a un regard si extraordinaire, que je me suis dit qu’il fallait vous pr'evenir.

De plus en plus imperturbable, Juve interrogea son domestique.

— A-t-il remis sa carte, Jean ? A-t-il donn'e son nom ? Un nom quelconque, tout au moins ?

— Non, patron, il ne veut pas se nommer, et d'esire ^etre recu quand m^eme.

— Eh bien, d'eclara Juve, qu’il entre.

Sit^ot que Juve eut donn'e sa r'eponse au domestique, il demeura silencieux, immobile au milieu de ses deux interlocuteurs, et ceux-ci se turent 'egalement.

Le silence dura quelques secondes, il ne se rompit point, lorsque l’inconnu fit son entr'ee.

Il arrivait par une porte, face `a la fen^etre, et d`es lors, son visage 'etait 'eclair'e en pleine lumi`ere.

C’'etait un homme robuste, au visage 'energique et distingu'e. Il 'etait glabre, `a ses tempes quelques cheveux grisonnaient, sa bouche 'etait bien dessin'ee, son nez l'eg`erement arqu'e, ses sourcils bien trac'es et sous ses paupi`eres p'etillaient de grands yeux noirs, desquels sortait une flamme sombre.

L’homme s’inclina l'eg`erement devant Juve :

— Qui ^etes-vous ? demanda enfin le policier qui, apr`es avoir fix'e longuement le nouveau venu, 'etait oblig'e de se cramponner, non point parce qu’il avait peur, mais pour dissimuler le tressaillement nerveux que provoquait chez lui l’apparition soudaine de cet homme.

Et ses yeux se fixaient particuli`erement sur la chevelure, une chevelure blonde et mate, sans brillant, sans reflet, une chevelure bizarre, 'etrange. L’homme cependant r'epliqua d’une voix grave et harmonieuse :

— Je suis, monsieur, quelqu’un qui vient vous demander justice.

— Parlez, fit Juve, cependant que Fandor qui s’'etait lev'e, regardait, avec une anxi'et'e profonde, aussi bien le policier que son interlocuteur.

— Une femme que j’aime, d'eclara cet homme, a 'et'e myst'erieusement, l^achement assassin'ee, une autre que j’affectionne profond'ement a disparu, en outre mes amis ont 'et'e trahis sans que je puisse savoir par qui.

  • Читать дальше
  • 1
  • ...
  • 141
  • 142
  • 143
  • 144
  • 145
  • 146
  • 147
  • 148
  • 149

Ебукер (ebooker) – онлайн-библиотека на русском языке. Книги доступны онлайн, без утомительной регистрации. Огромный выбор и удобный дизайн, позволяющий читать без проблем. Добавляйте сайт в закладки! Все произведения загружаются пользователями: если считаете, что ваши авторские права нарушены – используйте форму обратной связи.

Полезные ссылки

  • Моя полка

Контакты

  • chitat.ebooker@gmail.com

Подпишитесь на рассылку: